Les personnages des rames de tram

Les personnages Ginko du XXe siècle

Claude LORIUS (1932-2023) - rame n°903

Claude LORIUS, né Joseph Edmond Claude LORIUS, le 27 février 1932 à Besançon. Il fut l’un des pionniers de la recherche sur les glaces polaires. Passionné, aventurier, il sillonne l’antarctique et réalise en 40 ans, 22 expéditions polaires. Chercheur au CNRS – Centre National de Recherche Scientifique, il dirige, entre 1984 et 1988, le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement et terminera sa carrière comme directeur de recherche émérite au CNRS.

Ce grand chercheur a consacré sa vie à la compréhension du climat sur notre planète. Ses recherches ont été fondatrices pour comprendre et prédire le changement climatique. Claude LORIUS a été à travers ses travaux, ses interventions, un éclaireur déterminant auprès du grand public, alertant sur l’urgence à agir face au défi du changement global. Son travail a été reconnu par de nombreux prix, notamment la médaille d’or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française, obtenue avec son collègue et ami Jean JOUZEL en 2002.

Au-delà de ses contributions scientifiques, Claude LORIUS était également un homme inspirant qui a su partager sa science avec le grand public. Il a été le sujet d’un documentaire de Luc JACQUET «la Glace et le Ciel» qui raconte son parcours et ses découvertes en Antarctique.

Claude LORIUS est décédé le 21 mars 2023 à Mâcon.

Henri FERTET (1926-1943) - rame n°819

Membre du groupe de résistants Guy Mocquet, Henri Fertet est arrêté par les Allemands et fusillé le 26 septembre 1943 à 07h36 à la Citadelle de Besançon avec quinze de ses camarades.

Il avait 16 ans.

La lettre qu'il écrit à ses parents ce matin-là est un témoignage bouleversant d'émotion, de grandeur d'âme et de patriotisme.

« Les soldats viennent me chercher… Mon écriture est peut-être tremblée. C'est parce que j'ai un petit crayon. Je n'ai pas peur de la mort ... Expéditeur : Monsieur Henri Fertet. Au ciel, près de Dieu ».

Il sera le plus jeune Compagnon de la Libération.

Jean DE GRIBALDY (1922-1987) - rame n°905

D’abord coureur cycliste professionnel, Jean de Gribaldy participe à 3 Tours de France en 1947, 1948 et 1952.

Il fonde l’Amicale Cycliste Bisontine en 1964 et débute une brillante carrière de directeur sportif durant laquelle il s’affirme comme un grand découvreur de talents, favorisant à la fois l’éclosion de champions régionaux et la mondialisation de ce sport.

Personnage aux multiples facettes, pilote d’avion et créateur d’Air Franche-Comté, il aura durablement marqué de son empreinte l’univers du cyclisme, mais aussi l’histoire de Besançon, son commerce (avec son grand magasin généraliste précurseur Place de la Révolution), et évidemment sa vie sportive.

A ce titre, c’est en grande partie grâce à lui que sont organisés à Besançon en 1980 les Championnats du monde de cyclisme sur piste.

Depuis 1994, la rue qui mène au Fort de Chaudanne porte son nom.

Odile SELB-BOGÉ (1917-2019) - rame n°901

Tout juste âgée de 23 ans et arborant une cocarde tricolore, la jeune femme dépose le 14 juillet 1940 une gerbe de fleurs au pied du monument aux morts de Port-sur-Saône, en passant au milieu des Allemands.

Révoltée par l’Occupation, elle rejoint, en 1942, le mouvement communiste du Front National en Haute-Saône. Agente de liaison interrégionale, elle sillonne alors les routes de Haute-Saône et des départements limitrophes à vélo, sans dérailleur, parcourant des centaines de kilomètres pendant six mois afin de transporter des documents, des armes ou des explosifs.

Odile Selb-Bogé est arrêtée le 16 novembre 1943 et internée à la prison de la Butte à Besançon, au secret, pendant trois mois. Elle est ensuite déportée dans le camp de concentration de Ravensbrück en 1944. Libérée le 7 mai 1945, elle rentre en France le 20 mai et apprend que son frère Jean, résistant lui aussi, a été fusillé le 25 mai 1944 à Frotey-lès-Vesoul (Haute-Saône).

Animée par le devoir de transmission et l’engagement, elle arpente pendant 30 ans les établissements scolaires de la région avec son amie Colette Gaidry afin de rencontrer les jeunes générations. Elle témoigne de la vie dans les camps, les durs moments mais aussi les liens indéfectibles créés en déportation.

Parmi les grands soutiens du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, celui d’Odile Selb-Bogé est exceptionnel. Cette ancienne déportée-résistante franc-comtoise effectuait chaque année un don au musée, ayant à cœur de soutenir son travail.

À sa mort en 2019 à l’âge de 102 ans, Odile, alias Renée, lèguera une partie de sa fortune pour le projet de rénovation du musée.

Denise LORACH (1916-2001) - rame n°904

Denise Lorach, avec son père Fernand Levy, âgé de 58 ans, et son fils Jean-Serge, âgé de 4 ans et demi, sont arrêtés le 27 février 1944 à Saint-Honoré-les-Bains parce que juifs, par un soldat allemand et un gendarme français.

Ils sont détenus au camp de Drancy. Son père est déporté le 7 mars puis assassiné à son arrivée à Auschwitz le 11 mars 1944.

Denise Lorach et son fils sont déportés à Bergen-Belsen le 2 mai 1944. À leur retour de déportation à Besançon en 1945, elle est hantée et tente d’oublier.

En 1964, elle déplore la place infime réservée à une exposition sur la déportation et n’aura de cesse de plaider en faveur de la création d’un musée.

Avec l’aide de Jean Minjoz, ancien résistant et maire de Besançon et d’Henri Michel, secrétaire du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Denise Lorach crée un premier « Musée de la Résistance et de la Déportation » en 1971, inauguré en 1974.

Denise Lorach fait du témoignage l’essence même du Musée, avec comme devises « Ne pas témoigner serait trahir » et « Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre ».

Jusqu’à la fin, elle y travaillera pour écrire sur l’histoire de la Résistance et de la Déportation mais aussi pour y réunir une collection d’art concentrationnaire unique en Europe.

Elle décède le 8 septembre 2001, jour anniversaire de la Libération de Besançon.

Germaine TILLION (1907-2008) - rame n°902

Ethnologue, elle étudie, entre 1934 et 1940, les Chaouis, une population berbère des Aurès (Algérie).

Révoltée par l’Occupation, elle contribue à la création, dès l’été 1940, du Réseau du Musée de l’homme. Arrêtée en août 1942, elle est déportée à Ravensbrück en octobre 1943.

Pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), elle dénonce la torture et les exécutions capitales et crée le Service des Centres sociaux. Toute sa vie, elle se consacre à la défense de la liberté et de la justice. Elle entre au Panthéon le 27 mai 2015.

Les archives liées à sa déportation sont conservées au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

“Au terme de mon parcours, je me rends compte combien l’homme est fragile et malléable. Rien n’est jamais acquis. Notre devoir de vigilance doit être absolu. Le mal peut revenir à tout moment, il couve partout et nous devons agir au moment où il est encore temps d’empêcher le pire.” - Germaine Tillion

Les personnages Ginko du XIXe siècle

Léonel DE MOUSTIER (1882-1945) - rame n°817

Hériter d'un grand nom de la noblesse comtoise, le marquis de Moustier occupe durant l'entre-deux-guerres une place importante sur la scène politique comtoise, comme député et président du Conseil Général.

Opposant farouche à la politique de collaboration conduite par le régime de Vichy, il s'engage tout naturellement dans la Résistance. Arrêté par la Gestapo en 1943, il est déporté au camp de Neuengamme l'année suivante, d'où il ne reviendra pas.

Le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération.

Louis PERGAUD (1882-1915) - rame n°816

Héros littéraire de ces terres des plateaux du Doubs, auteur emblématique de La guerre des boutons, lauréat du Prix Goncourt contre Colette et Guillaume Apollinaire en 1910, tragiquement disparu en Lorraine le 7 avril 1915, Louis Pergaud « mort pour la France » a fréquenté, à Besançon, l'école normale de la rue de la Madeleine d'où il sort brillamment en 1901.

Une statue de bronze, due au sculpteur Antoine Bourdelle, lui rend hommage dans la promenade Micaud.

Colette (1873-1954) - rame n°803

C'est en 1900 que l'écrivaine, née en Bourgogne, s'installe, plusieurs mois l'an, sur les hauteurs de Besançon aux Monts-Boucons, dans le joli domaine que vient de lui acheter son mari, Henry Gauthier-Villars.

Colette va savourer ici le bonheur de vivre à la campagne, jusqu'en 1908, et y écrit certaines de ses œuvres les plus connues comme Claudine s'en va, Les Dialogues de bêtes ou La retraite sentimentale.

La maison et son parc sont la propriété de la ville de Besançon depuis 2000.

Marie CURIE (1867-1934) - rame n°810

Marie Curie, immense figure du XXème siècle, scientifique, n'a d'attache avec la Franche-Comté qu'à partir de 1895, date à laquelle elle épouse Pierre Curie, issu d'une famille de notable du pays de
Montbéliard et de Mulhouse.

Elle est la seule personnalité, hommes et femmes confondus, à avoir reçu deux fois le Prix Nobel de physique, en 1903, puis de chimie, en 1911 ; reconnaissance attribuée à nouveau à sa fille et à son mari, Irène et Frédéric Joliot-Curie en 1935.

Irène Joliot-Curie se réfugiera un temps au Russey durant la dernière guerre mondiale et sa sœur Eve sera aux côtés du General de Lattre de Tassigny à Besançon en 1944.

Auguste et Louis LUMIÈRE (1862-1954 / 1864-1948) - rame n°802

Inventeurs du cinématographe et, plus encore, peut-être, auteurs de très nombreux travaux qui apportaient de grandes améliorations à la photographie, les frères Lumière sont nés à Besançon, à deux pas de la maison de Victor Hugo.

Avant le départ de toute sa famille pour Lyon en 1870, leur père, Antoine, était ici un peintre de talent, un photographe reconnu et un homme d'affaires avisé considéré par beaucoup comme le « grand-père du cinéma ».

Son atelier était au n°59 de la rue des Granges, là où on donnera la première projection d'un film parlant à Besançon, le 12 août 1930.

Louis PASTEUR (1822-1895) - rame n°804

Son père, tanneur, était né à Battant, au bord du Doubs, en 1791. 

Louis Pasteur lui, voit le jour à Dole en 1822 mais c'est au collège royal de Besançon qu'il est élève puis maître d'études de 1839 à 1842.

Personnalité scientifique majeure mondialement respectée, c'est ici qu'il se formera avant de s'ouvrir à cette carrière prestigieuse qui en fera un des savants les plus renommés de tous les temps.

Gustave COURBET (1819-1877) - rame n°807

Le peintre d'Ornans, amoureux de sa terre, des paysages de Franche- Comté et de ses habitants fut aussi bisontin.

C'est au n°140 de la Grande Rue, dans la maison natale de Victor Hugo, qu'il séjourna en 1838-1839. Il avait alors 19 ans et venait de quitter le lycée pour s'inscrire à l'école de dessin de la ville.

Le musée de Besançon conserve de lui une magnifique série de tableaux parmi lesquels on peut citer Les paysans de Flagey revenant de la foire et l'immense Hallali du cerf.

Jenny d'HÉRICOURT (1809-1875) - rame n°818

Née à Besançon, Jenny d'Héricourt appartient à cette catégorie de femmes engagées, révolutionnaires et pleines de talents qui marquent le XIXème siècle, font avancer la cause du féminisme et dont les vies sont des romans.

Institutrice, homéopathe, puis sage-femme et écrivain, elle n'aura de cesse, jusqu'aux Etats-Unis où elle séjourna dix ans, de combattre pour l'émancipation des femmes.

Pierre-Joseph PROUDHON (1809-1865) - rame n°813

Polémiste, journaliste, économiste sociologue et philosophe bien sûr, Pierre-Joseph Proudhon, anarchiste comme il aimait à se qualifier, aura marqué la société de Besançon où il est né, à Battant, en 1809.

En dédiant à la sérieuse académie de la ville ce mémoire dans lequel il affirme « La propriété, c'est le vol »...

En répondant à la loge maçonnique, le jour de son initiation, à la question posée: « Que doit-on à Dieu? »...: « La Guerre ».

Débuts tonitruants. La suite sera à la hauteur, entre prises de position sans nuances, jugements féroces, réflexions puissantes et propositions parfois de génie.

Une statue de pierre, due à Georges Oudot, lui est consacrée, rue Sarrail.

Victor HUGO (1802-1885) - rame n°801

Né à Besançon dans le haut de la Grande-rue, il n'y reviendra jamais, mais illustre sa cité dans un vers célèbre entre tous.

A sa suite, les romantiques s'inspireront de la « vieille ville espagnole » et y passeront, parfois, comme Stendhal, Balzac ou Flaubert.

Lors des funérailles grandioses de celui qui est, depuis longtemps, considéré comme l'un des tout premiers écrivains français, la délégation bisontine est en tête du cortège.

Besançon a ouvert au public sa maison natale en 2013.

Les personnages Ginko du XVIIIe siècle

Charles FOURIER (1772-1837) - rame n°814

Né à l'angle de la rue Moncey et de la Grand Rue, Charles Fourier, philosophe et porte-parole majeur du socialisme utopique, eut en Europe un certain nombre de disciples fidèles et enthousiastes.

La création d'un phalanstère fut le grand projet de sa vie, exporté jusqu'au Texas, et voué cependant, à une série d'échecs décevants.

Le jurassien Victor Considerant fut l'un de ses proches et de ses plus ardents défenseurs. La femme de ce dernier repose au cimetière des Chaprais de Besançon.

Jeanne-Antide THOURET (1765-1826) - rame n°808

Entre Sancey-le-Long où elle naît en 1765 et Naples où elle meurt en 1826, Jeanne-Antide Thouret, canonisée en 1934, marque, un temps durablement, la vie religieuse bisontine.

C'est en effet ici qu'elle crée en 1799 la congrégation des Sœurs de la Charité de Besançon.

L'établissement, fondé au n°13 de la rue des Martelots, agrandi au 37 rue Battant, s'installe dès 1812 au n°131 de la Grande Rue où se trouve toujours la maison-mère.

Rouget DE LISLE (1760-1836) - rame n°809

Rouget de Lisle n'est jamais venu à Besançon! Mais il est un de ces Francs-Comtois majeurs en ce qu'ils ont illustré au-delà des frontières leur province natale.

Né à Lons-le-Saunier, cet officier du Génie, poète, auteur dramatique à ses heures perdues doit sa gloire à cette Marseillaise dont il écrit les paroles en 1792 pour l'armée du Rhin.

Chant national de 1795 à 1804, puis repris en 1830, la Marseillaise devient l'hymne officiel de la France en 1879.

Marquis de Jouffroy d'ABBANS (1751-1832) - rame n°805

Né en Champagne, Jouffroy d'Abbans n'en est pas moins Comtois, issu d'une ancienne famille liée à toute l'aristocratie de la province.

Et c'est, d'une part, au château d'Abbans qu'il élabore son Pyroscaphe, premier bateau propulsé à la vapeur; et, d'autre part, à Baume-les-Dames qu'il fait naviguer avec succès son Palmipède en 1778.

A Besançon, deux statues célèbrent l'ingénieur-inventeur : en pierre, rue de l'Helvétie, et en bronze, sur le pont de Battant; toutes deux contemplant la rivière.

Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806) - rame n°811

L'architecte du siècle des Lumières a marqué la Franche-Comté de son talent.

C'est ici en effet que deux de ses œuvres les plus importantes illustrent son savoir-faire et ce courant néo-classique dont il est un des maîtres.

A la Saline d'Arc-et-Senans, tout d'abord, bâtie de 1774 à 1779, œuvre fantasmagorique aujourd'hui parfaitement restaurée.

Au théâtre de Besançon, ensuite, d'une modernité « révolutionnaire » inauguré en 1784 et dont, hélas, un incendie ravagera l'intérieur en 1958.

Toussaint LOUVERTURE (1743-1803) - rame n°815

La présence de Toussaint Louverture en Franche-Comté serait pittoresque si elle n'était pas aussi dramatique.

Dans le chaos politique né de la Révolution et de ses suites, le général noir finit par faire de l'ombre à l'ambitieux Bonaparte.

Arrêté, déporté en France, emprisonné au fort de Joux, il meurt le 7 avril 1803. Et devient bientôt l'un des symboles de ces libertés malmenées et outragées.

Ses cendres se sont perdues sur les pentes enneigées de la forteresse.

Les personnages Ginko du XVIIe siècle

Marquis de VAUBAN (1633-1707) - rame n°806

Ingénieur du roi, architecte militaire, urbaniste, essayiste et grand voyageur, Vauban est l'archétype de ces serviteurs fidèles, talentueux et dévoués dont savait s'entourer Louis XIV et qui firent la grandeur de son règne.

Présent lors des deux sièges de Besançon en 1668 et en 1674, Vauban est le fortificateur génial de la cité. Vingt ans de travaux seront nécessaires pour y élever citadelle, quais, remparts, forts et tours bastionnées au nom desquels on classe le site au patrimoine mondial de l'Unesco en juillet 2008.

Les personnages Ginko du XVe siècle

Nicole BONVALOT (1490-1570) - rame n°812

Passée à la postérité parce qu'elle était devenue en 1513 la femme du célèbre Nicolas de Granvelle, chancelier de l'empereur Charles Quint, Nicole Bonvalot est aussi, dans ce XVlème siècle où les hommes l'emportent sur tout, une femme influente, gestionnaire de premier plan et au sens politique affirmé.

Par ses relations et sa fortune, elle permet à Nicolas de Granvelle une bonne part de son ascension.

Elle sera la mère de quinze enfants parmi lesquels Antoine, futur premier ministre de Philippe II d'Espagne.